La demande intérieure en pleine forme
Tous les voyants apparaissant sur le tableau de bord de conjoncture sont au vert en 2006. Le PIB a progressé de 8,1% contre 2,4% l’année antérieure. Une telle performance provient de la forte contribution de plusieurs secteurs d’activité. En tête, la bonne campagne céréalière avec ses 92 millions de quintaux.
Hors agriculture, le PIB a crû de 5,6% grâce à la bonne tenue du BTP, du tourisme, du transport et des télécommunications.
La croissance aurait été encore plus importante si les activités minières et énergétiques n’avaient pas enregistré un repli.
Bonne tenue également de la demande intérieure qui soutient davantage la croissance, malgré le egain de tensions inflationnistes (3,3%).
Selon la note de conjoncture de la Direction de prévisions économiques et financières (DPEF), l’amélioration des revenus des foyers ruraux, le recul du taux de chômage (9,7% au lieu de 11% en 2005) et l’expansion des transferts des MRE ont boosté les dépenses de consommation. Celles-ci se sont en définitive raffermies de 12,8%. Par ailleurs, l ’investissement a gagné 10,5% grâce aux grands projets d’infrastructure dans différents secteurs.
Ainsi, la hausse des achats de biens d’équipement industriel a été de 13,4% contre 18,6% pour les rédits accordés à l’équipement.
L’Etat a déployé des efforts appréciables puisque les dépenses d’investissement inscrites dans le Budget se sont élevées à 23,4 milliards de dirhams, en hausse de 4,2%, sans compter les investissements des entreprises publiques et des collectivités locales.
Les investissements étrangers ont également enregistré une hausse de 4,8 points de PIB dépassant les 28 milliards de dirhams.
Ce qui confirme l’attractivité du Maroc aux yeux des investisseurs étrangers. Quant a position extérieure du pays, elle s’est nettement améliorée.
Ainsi, l’excédent du compte courant de a balance des paiements s’approche de 4% du PIB et les avoirs extérieurs représentent une année l’importation de marchandises. Ces performances sont liées à celles des recettes touristiques et des transferts MRE qui ont généré plus de 100 milliards de dirhams, soit 17,4% du PIB.
Pourtant, ces réalisations n’ont pas occulté les faiblesses du commerce extérieur. Le déficit commercial s’est stabilisé à 16,3% du PIB et le taux de couverture s’est légèrement amélioré à 54%. En fait, les dégâts nt été limités grâce à la vitalité de la demande des partenaires commerciaux. En témoigne la croissance de 11,2% des exportations, même si les importations ont elles aussi gagné 11%.
Concernant les finances publiques, l’exercice budgétaire a tiré profit de l’environnement économique favorable.
Les recettes ordinaires ont gagné 10,5% et les dépenses globales ont pu être maîtrisées (+1,3%). D’où un déficit budgétaire ne dépassant pas 1,7% du PIB. Pourtant, les dépenses de compensation ont continué à grimper et les recettes douanières ont continué à décroître du fait du démantèlement tarifaire. Quant au programme de privatisation, il a généré moins de 50% des recettes prévues initialement.
Sur le plan monétaire, on note la forte progression de 16,5% des crédits à l’économie à plus de 48 milliards de dirhams. Quant aux créances nettes sur l’Etat, elles sont en recul de 2,7% suite à l’amélioration de la position nette du Trésor auprès de la Banque centrale et à la baisse de ses recours aux banques. Le taux de liquidité de l’économie s’est amélioré de 7 points à près de 106%. |