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Un énorme
potentiel
en jeu |
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Depuis 1997, la production nationale de papier et carton est restée relativement stable. Seuls les effectifs ont diminué, soulignant les gains de productivité importants opérés dans cette industrie. La branche articles en papier et carton est la plus active. Elle contribue à hauteur de 75% de la production de la filière, draine 88% des investissements et génère 68% de la valeur ajoutée de l’industrie papier et carton. Plus symptomatique, en six ans, la fabrication d’articles en papier et carton a gagné, en moyenne, près de 30% de parts de marché au niveau de ces trois variables. Il est cependant nécessaire de distinguer l’industrie de matières premières papier et carton de celle de produits finis. Ainsi, le secteur est caractérisé par l’évolution inverse des différents agrégats entre 1997 et 2003 pour chacune de ces deux branches. Si l’évolution de la productivité a été quasi nulle pour l’industrie de la fabrication de pâte à papier, elle a été supérieure à 71% pour la fabrication d’articles en papier et carton, montrant le dynamisme de cette branche. Selon une étude de BMCE Capital, l’ensemble de ces évolutions est parfaitement logique dans un contexte d’ouverture commerciale. Souffrant d’une faible dotation en ressources naturelles, l’industrie de la pâte à papier ne peut jouir d’une réelle compétitivité. Dès lors, l’effort de rationalisation pousse les différents opérateurs à capitaliser sur la branche fabrication d’articles en papier et bois au détriment de la production de pâte à papier. L’industrie du papier et carton compte aujourd’hui une soixantaine d’entreprises qui emploient environ 5.500 personnes, selon les chiffres officiels de la Fédération des industries forestières des arts graphiques et de l’emballage (FIFAGE). Cette industrie a participé à hauteur de 2,7% du PIB industriel et 1,14% du PIB national. Le chiffre d’affaires à l’export, d’un montant de 655 millions de dirhams, représente 12,8% de la production industrielle de papier et carton. L’investissement du secteur quant à lui s’établit à 200 millions de dirhams.
Cette industrie reste cependant fortement concentrée autour de quelques opérateurs qui assurent plus de 65% de la production domestique. Selon des chiffres officiels, les entreprises opérant dans l’industrie du papier et carton réalisent un chiffre d’affaires global de 3,5 milliards de dirhams.
Dépendance vis-à-vis de l’import
La production de pâte à papier est concentrée sur une seule entreprise, Cellulose du Maroc, dont la production annuelle a atteint 125.000 tonnes en 2002. 90% de cette production sont exportés. En effet, la production de Cellulose du Maroc est uniquement constituée de pâte à fibres courtes, convenant à la préparation de papier d’impression et d’écriture, alors que les besoins domestiques sont majoritairement composés de pâte à fibres longues, entrant dans la fabrication de papiers résistants (kraft et autres). Les vieux papiers sont alors considérés, avec les pâtes importées, comme la principale source de matière de base pour la production de papiers. Afin de compenser l’absence de fabrication domestique de certains produits papier et carton, les entreprises marocaines ont recours aux différents marchés extérieurs. En 2004, l’industrie du papier et carton a importé près de 2,6 milliards de dirhams de biens papier et carton, en hausse de 0,4% par rapport à 2002. Ce sont les produits finis qui ont permis de maintenir cette constance avec une hausse de près de 31% en deux ans, et plus particulièrement les livres et les emballages en papier carton. Les autres composantes ont enregistré une baisse souvent proche de 40%. L’importation de pâte à papier reste relativement limitée puisqu’elle représente moins de 3% de l’ensemble des importations de la branche. Les opérateurs domestiques privilégient un approvisionnement en pâte à papier déjà transformée. La branche papier carton représente 1,7% du total des importations pour l’année 2004 contre 2,01% en 2002. Au niveau des zones géographiques d’importation, nous retrouvons les principaux partenaires du Maroc, France et Espagne, ainsi que des pays disposant d’avantages comparatifs dans l’industrie du papier carton: Suède, Grande-Bretagne et Allemagne. Au-delà de la présence des pays européens dans le groupe des principaux pays destinataires de biens papier et carton marocains, les marchés africains, représentant plus de 30% des exportations marocaines du secteur, offrent de nouvelles perspectives à explorer. Ceux-ci sont fortement demandeurs de produits d’emballage et plus particulièrement des sacs kraft.
Côté exportations de la branche, elles sont dominées par deux produits: la pâte à papier et les produits finis en papier et carton.
Des marchés en expansion
L’industrie du papier et carton marocaine offre un potentiel de développement intéressant compte tenu du niveau de consommation annuel de papier, évalué à 13 kg/habitant, contre 35 kg/habitant en Tunisie et en Turquie.
Durant la dernière décennie, l’industrie domestique du papier carton a enregistré un taux de croissance de 7%, attribuable à l’accroissement démographique, à l’élévation du niveau de vie, à la hausse du taux d’alphabétisation et à l’émergence de la grande distribution. Par ailleurs, l’expansion du marché domestique de l’emballage et du papier impression-écriture ainsi que des marchés régionaux soutient cette tendance.
Ce potentiel n’a pas échappé aux opérateurs internationaux. Ainsi, la part de l’actionnariat mixte ou étranger dans le secteur est de 58%, juste derrière les industries électronique et automobile. La forte attractivité de l’industrie du papier et du carton s’est matérialisée par le rachat du leader mondial de l’industrie papetière, International Paper, des 35% restants dans le capital du Groupe CMCP. La présence de fonds étrangers augure du bon comportement de cette industrie et de perspectives de développement encourageantes.
Pour profiter au mieux de ces opportunités, l’industrie papier carton marocaine doit se restructurer... «L’industrie marocaine du papier carton doit procéder à une mise à niveau sur tous les plans -managérial, organisationnel, technologique, humain et commercial- afin de relever les défis de l’ouverture des frontières et de la croissance des activités papetières», indique l’étude de BMCE Capital. Ainsi, les mesures à appliquer sont nombreuses: réduction des effectifs et formation d’un capital humain spécialisé dans le métier du papier carton, modernisation et automatisation de l’outil de production, utilisation de techniques de production moins énergétivores et plus efficientes. |