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Après une année euphorique, la Bourse de Casablanca subit à la mi-mai 2007 une correction aussi rapide que brutale. En l’espace de trois séances, le Masi perd 10% pour ramener la performance à un peu plus de 21% depuis le début de l’année.
En avril, la performance du marché enregistrait de nouveaux records à plus de 30% pour l’indice global et 30,5% pour les valeurs les plus actives. Cependant, le volume de transactions marquait un reflux par rapport à mars, générant un chiffre d’affaires de 15,5 milliards de dirhams contre 19 milliards le mois précédent. Il était temps, assurent les analystes du marché, que les cours rompent avec leur trend haussier car l’ensemble des valeurs devenait trop cher.
En effet, l’ascension des cours remonte à 2005 et s’est poursuivie tout au long de 2006. Selon BMCE Capital, cet engouement reflète la confiance des investisseurs dans les efforts déployés pour relancer la croissance. Il découle également du grand retour des investisseurs institutionnels marocains et étrangers sur le marché boursier. Entrent également en ligne de compte la conjoncture économique favorable du fait d’une bonne campagne agricole, la stabilité macroéconomique et le lancement d’investissements étrangers conséquents, sans oublier l’anticipation favorable des résultats annuels des entreprises cotées. Autant de facteurs qui ont boosté l’indice de référence du marché de plus de 54% entre janvier et mai 2006.
S’en est suivie une phase de correction entre le 9 mai et le 14 juin durant laquelle l’indice perdra 23% suite aux craintes des investisseurs face aux dangers d’une bulle spéculative.
Le marché reprendra ensuite de plus belle, grâce à l’anticipation positive des réalisations semestrielles des sociétés cotées mais aussi à l’accélération du rythme des introductions en bourse.
Selon BMCE Capital, cette dernière est motivée par l’arrivée à échéance de la carotte fiscale fin 2006. «Ce regain de confiance a profité à la quasi-totalité des valeurs et a essentiellement été impulsé par l’engouement suscité par l’action Addoha». L’intérêt pour cette valeur est motivé par les annonces successives de nouvelles acquisitions et de partenariats avec différents opérateurs nationaux et étrangers. Le trend haussier du marché s’est poursuivi durant tout l’été et jusqu’à la fin 2006. Le Masi clôturera l’année avec une performance annuelle de plus de 71% contre 77% pour le Madex.
En 2006, dix nouvelles valeurs font leur entrée en bourse, profitant au passage de la carotte fiscale. D’ailleurs, celle-ci a été prorogée jusqu’en 2009. Les nouvelles valeurs inscrites à la cote sont Risma, Distrisoft, Cartier Saada, Médiaco Maroc, Addoha, Colorado, Fenie Brossette, Involys, SRM et HPS. Ce qui dope la capitalisation boursière de 65,3% à 417 milliards de dirhams.
Ces introductions en bourse, et en particulier Addoha, ont apporté un souffle nouveau à la place grâce à l’injection de papier frais. Ce qui explique d’ailleurs que le volume des transactions a bondi de plus de 38% à 136 milliards de dirhams dont les 2/3 générés au cours du second semestre 2006.
Par ailleurs, le volume des affaires a plus que triplé sur le marché officiel à 117,4 milliards de dirhams affichant une moyenne mensuelle de 9,8 milliards de dirhams contre 3 milliards en 2005.
Outre Addoha qui génère sur ce compartiment 34 milliards de dirhams de transactions, les actions stars sont Maroc Telecom (20,3 milliards), BMCE Bank (8,9 milliards) et CIH (7,5 milliards).
En revanche, le flux des affaires chute de 69% sur le marché de gré à gré à près de 19 milliards de dirhams. Ce compartiment a été animé par BMCE Bank (22%), Sonasid (17%), Lafarge Ciments (10%) et CIH (7,5%).
Les sociétés cotées en pleine forme
Les valeurs cotées affichent des performances opérationnelles en nette progression, selon la note BMCE Capital Bourse Quarterly.
Les financières réalisent un PNB en progression de 17,4% à 16,7 milliards de dirhams contre 14,4 milliards à fin décembre 2005. Avec une contribution renforcée de 50 points de base à 93,9% du PNB global, les banques dégagent 15,8 milliards de dirhams (+17,9%). Les sociétés de crédit à la consommation drainent, pour leur part, un PNB de 802 millions de dirhams, soit près de 5% du total. Les opérateurs du leasing génèrent, quant à eux, 221,7 millions de dirhams (+26,5%).
Les compagnies d’assurance enregistrent des primes acquises brutes en progression de 31,3% à 2,9 milliards de dirhams. Capitalisant sur l’expansion de la bancassurance, cette évolution est principalement imputable à la branche vie, dont le chiffre d’affaires grimpe de 62,4% à 1,7 milliard de dirhams. Pour sa part, sanctionnée par la vivacité de la concurrence dans la filière du courtage, Agma Lahlou-Tazi affiche des revenus en quasi-stagnation à 109 millions de dirhams.
Les holdings et sociétés de portefeuille améliorent de 11,5% leur activité, à 31,3 milliards de dirhams et de 20,5% leur capacité bénéficiaire à 1,7 milliard de dirhams.
A lui seul, ONA réalise un bénéfice net de 1 milliard de dirhams, en hausse de près de 36% par rapport à 2005.
Les industries augmentent leurs revenus de 13,7% à 101,9 milliards de dirhams. Cette performance est imputable à la bonne tenue du secteur pétrole & mines (+13,2% à 31,6 milliards de dirhams), suivi des télécommunications (+10,1% à 22,6 milliards de dirhams) et des industries agroalimentaires (+8,6% à 15,6 milliards de dirhams). Par ailleurs, les sociétés cotées améliorent de 17,4% leur capacité bénéficiaire. Le résultat net agrégé des financières gagne 37% à 5,2 milliards de dirhams, grâce à la réduction de la charge de risque. Les banques sont en tête avec 4,8 milliards de dirhams. Les capacités bénéficiaires des établissements de crédit à la consommation et de crédit-bail sont en hausse de 20,8% à 266,1 millions de dirhams et de 35,3% à 92,2 millions de dirhams. Quant à la capacité bénéficiaire des compagnies d’assurance, elle est surtout portée par la bonne performance de Wafa Assurance (+65% à 345 millions de dirhams). En revanche, Agma Lahlou-Tazi dégage un bénéfice net en retrait de près de 6% à 41,7 millions de dirhams.
Les holdings et sociétés de portefeuille améliorent leur capacité bénéficiaire de 24% à 1,6 milliard de dirhams, grâce aux bonnes réalisations du groupe ONA. Enfin, les industries affichent un résultat net global en progression de 7,8% à 12,4 milliards de dirhams. Ce secteur profite de l’évolution positive des activités de Maroc Telecom dont la capacité bénéficiaire s’élève à 6,8 milliards de dirhams (+15,8%), et des cimenteries (+13,5% à 2,1 milliards de dirhams). |