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La bulle
se dilate

Sur tout le territoire national, les prix de l’immobilier pulvérisent des records. En cause, la flambée du prix du foncier et de la matière première en raison de leur raréfaction. Voici les chiffres concernant l’écoulement de quelques consommables pour illustrer ces propos. Pour la période 2002-2006, la consommation de ciment a enregistré une augmentation de 33,83%. Et sur les cinq premiers mois de l’année 2007, près de 5,3 millions de tonnes de ciment ont été écoulés, ce qui représente une hausse de 19,92% par rapport à la même période de l’année 2006. La variation mensuelle d’une année à l’autre atteint 18,9%.
Notons au passage que la capacité de production des unités de cimenterie a augmenté de 35% durant les trois dernières années en raison notamment de la réalisation de 300.000 logements sociaux en sept ans. Cette capacité a atteint en 2007 près de 16,1 millions de tonnes.
Et pour faire face à la croissance prévisible de la demande, un programme d’investissement dans le secteur de 8 milliards de dirhams est prévu pour la période 2007 à 2010.
Driss Jettou a d’ailleurs signé en juillet dernier plusieurs conventions d’investissement dans le secteur. Quatre nouvelles cimenteries vont être créées pour un montant total de 8,8 milliards de dirhams. Les initiateurs en sont Ynna Asment, filiale du groupe Chaabi, Ciments de l’Atlas du groupe Addoha, et une quatrième unité, œuvre du spécialiste espagnol de la promotion immobilière et de matériaux de construction Lubasa. Ces cimenteries éliront domicile à Settat, Fqih Bensalah, Ben Ahmed et enfin à Sidi Kacem.
Elles pourront ainsi augmenter la capacité de production avec plus de 6 millions de tonnes par an et générer la création de près de 1.600 emplois directs.

Plein régime
La consommation de l’acier rond à béton et fils machines a, quant à elle, enregistré une augmentation de 71,3% pour la période 2002-2006. Les ventes de ce produit durant les quatre premiers mois de 2007 ont atteint quelque 419.000 tonnes en évolution de 21,3% par rapport à la même période de l’année précédente. En 2006, plus de 1,1 million de tonnes de ce produit a été écoulé sur le marché.
L’indice de production des produits issus de la transformation des minéraux de carrières s’est, lui aussi, fortement apprécié en enregistrant un accroissement de 21,7% et la création de 20.000 postes d’emploi. Aussi les unités de production tournent-elles à plein régime et le marché enregistre de nouveaux arrivants.
Autre indicateur de la bonne tenue du secteur du BTP: l’encours de crédits à l’immobilier. Ce dernier a enregistré à fin avril 2007 un accroissement de 32% par rapport à fin avril 2006. Ainsi, le montant du crédit à l’immobilier a représenté 80,2 milliards de dirhams et celui du concours à l’économie a avoisiné les 361,1 milliards de dirhams, soit un taux de 22,2%.
Les demandes du Fogarim depuis sa création et jusqu’en avril dernier se sont élevées, pour leur part, à 23.580 pour un montant de crédit garanti de 3,42 milliards de dirhams.
C’est dire que le secteur du BTP a le vent en poupe. L’administration de tutelle estime que le secteur de la construction a retrouvé un rythme de croissance plus fort, avec une progression de 10% au quatrième trimestre 2006 et 9,3% au premier trimestre 2007.
L’activité dans les travaux publics s’est consolidée grâce, notamment, à l’investissement public dans le cadre de l’extension des infrastructures de base et de l’aménagement touristique et urbain. De son côté, l’activité du bâtiment a poursuivi sa croissance, soutenue par l’investissement des ménages encouragé par les facilités des prêts accordés. Les investissements des promoteurs étrangers dans les projets de construction ont également participé à la relance du secteur.

Le nouvel eldorado
L’activité du BTP aurait poursuivi sa bonne orientation au deuxième trimestre 2007, 9%, en glissement annuel. Les dernières enquêtes de conjoncture sur le secteur augurent d’une évolution meilleure que celle enregistrée, en moyenne, durant les dernières années. L’année en cours devrait donc se terminer sous de meilleurs auspices. Preuve en est le foisonnement des projets qui voient le jour avec l’avènement des investisseurs européens et arabes qui semblent avoir découvert un nouvel eldorado.
Rien qu’en septembre dernier, sept conventions de partenariat relatives aux secteurs touristique et industriel d’une valeur d’environ 30 milliards de dirhams ont été signées entre le Maroc et des groupes européens et arabes: Thomas & Piron, Orascom, Fadesa-Martinsa et le groupe émirati Reem-Investments avec à la clé la création de quelque 22.000 emplois.
Ces conventions portent sur l’aménagement d’unités et de complexes hôteliers et de stations et de résidences touristiques pour un investissement de 27,92 milliards de dirhams, ainsi que la réalisation et l’extension de plusieurs projets industriels pour un montant global de 740 millions de dirhams.
Le programme «Villes sans bidonvilles» continue lui aussi son petit bonhomme de chemin. Il devra mobiliser un investissement d’environ 21,4 milliards de dirhams, dont une subvention du Fonds Solidarité Habitat, estimée à près de 8 milliards de dirhams.
A fin juin 2007, plus de 238.000 ménages ont été contractualisés dans le cadre de 63 contrats de villes signés, d’une convention concernant les provinces du Sud et d’une contractualisation partielle pour Casablanca et Témara.
Les derniers chiffres font également état de la démolition ou la restructuration de 73.100 unités tandis que plus de 21.800 unités d’accueil disponibles n’ont pas encore été attribuées. A noter par ailleurs que près de 70.000 unités sont en cours de réalisation.
Rappelons enfin que le programme Villes sans bidonvilles qui a été lancé en juillet 2004 par Sa Majesté le Roi s’étale sur la période 2004-2010 et concerne 83 villes et 280.000 ménages résidant dans près de 1.000 bidonvilles. Les promoteurs immobiliers qui se frottent les mains ont donc du pain sur la planche.

Travaux publics
Concernant les travaux publics, le bilan des réalisations autoroutières depuis fin 2002 fait état de la mise en service de cinq tronçons, totalisant un linéaire de 304 km qui ont été achevés, dont la voie de contournement de Casablanca, sur 33 km, mise en service en 2003, le tronçon Tnine Chtouka-El Jadida sur 28 km, mis en service en novembre 2006 et tout récemment en avril 2007, l’entrée en service de l’autoroute Settat-Marrakech sur 145 km.
Le ministère de l’Equipement et du Transport continue sur sa lancée puisqu’un total de 635 km est en cours de travaux. Il s’agit des tronçons Tétouan-Fnideq sur 28 km, la desserte du port Tanger Méditerranée sur 54 km, la liaison Marrakech-Agadir sur 233 km dont les travaux ont été lancés par Sa Majesté le Roi le 3 janvier 2006, et enfin le tronçon Fès-Oujda sur 320 km dont les travaux ont été lancés le 16 janvier 2007.
Toujours durant le mois de juillet 2007, le Souverain a donné, à Tétouan, le coup d’envoi des travaux pour la construction de la dernière section de la rocade méditerranéenne, reliant El Jebha à Tétouan sur une longueur de 120 km, pour un coût de 2,55 milliards de dirhams.
Le projet de la rocade méditerranéenne, dont l’objectif est de désenclaver la côte nord du royaume et de contribuer au développement durable de ses provinces, consiste en la réalisation d’une infrastructure routière de qualité reliant les pôles économiques Tanger-Tétouan et Berkane-Oujda. La longueur totale de la rocade est d’environ 510 km, dont 210 à construire et 300 à aménager. Nécessitant des investissements de l’ordre de 6 milliards de dirhams, la rocade traverse les provinces de Tanger, Tétouan, Chefchaouen, Al Hoceima, Nador et Berkane et desservira plus de 200 km de plages, de baies et de sites touristiques, notamment la baie de Tanger, Ksar Seghir, Punta Ceres, Restinga, M’diq, Cabo Negro, Martil, Oued Laou, Targha, Bou Ahmed, Jnane Nich, El Jebha, Cala Iris, Tazarine, Bhar Sidi Driss, Arekmane, Ras Kebdana et Saidia.

Les autres réalisations
Pour ce qui est des ports, l’année 2007 a enregistré plusieurs réalisations. Juillet dernier a connu l’inauguration du premier quai à conteneurs de Tanger-Med qui sera l’un des plus importants ports de la Méditerranée après l’achèvement de la construction de ses différentes zones. Par ailleurs, sont en cours, les travaux de réalisation du nouveau port de Boujdour pour un montant de 174 millions de dirhams et les travaux d’extension du port de M’diq pour près de 161 millions de dirhams.
Dans le secteur aéroportuaire, il a été procédé, en septembre, à l’inauguration du Terminal 2 de l’aéroport international Mohammed V de Casablanca, réalisé sur une superficie de 66.000 m2 pour un montant global d’environ 1 milliard de dirhams.
Durant cette même période il a été procédé, entre autres, à la pose de la première pierre pour la construction de la nouvelle aérogare de l’aéroport Oujda-Angad, qui s’inscrit dans le cadre du projet d’extension de l’aéroport, pour lequel a été débloquée une enveloppe budgétaire de 650 millions de dirhams.
En somme, avec tous les projets inaugurés ou en chantier (impossible d’en faire l’inventaire en quelques lignes), la Maroc donne l’impression d’être un chantier à ciel ouvert. La bulle BTP continue de se dilater et à prendre de l’altitude tirant vers le haut un foisonnement de sous-filières et en écrasant le poids du chômage.

 

 
 
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