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Les circuits
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Le commerce intérieur a toujours constitué pour les pouvoirs publics un véritable casse-tête chinois compte tenu de son imposant poids social. En effet, si ce secteur contribue annuellement à la création de richesse à hauteur de 11% (la valeur ajoutée du secteur, au prix courant, s’est établie au titre de l’année 2006 à 63 milliards de dirhams) et emploie environ 1,2 million de personnes, soit 12,8% de la population active marocaine répartis sur plus de 850.000 points de vente, il n’en demeure pas moins que 40% de cette population exercent sous forme ambulante, occasionnelle ou saisonnière principalement en milieu rural.
C’est surtout pour cette raison que les gouvernements qui se sont succédé n’ont pas eu l’audace d’initier l’organisation de ce chantier qui accuse beaucoup de retard en matière de développement. Il en est autrement pour le secteur privé. Salaheddine Mezouar, ministre du Commerce et de l’Industrie, dont le département planche sur la question depuis quelques temps, a souligné à ce propos lors de l’inauguration des 100 premiers Hanouty que «le privé a démontré encore une fois qu’il est plus efficace». «Nous avions l’ambition de lancer une dynamique de modernisation du commerce intérieur qui compte plus de 850.000 magasins. Vous nous avez précédés, c’est une bonne chose», a-t-il ajouté.
Reconfiguration
Hanouty a donc offert sur un plateau d’argent au ministère le concept qu’il cherchait depuis longtemps pour mener à bien son initiative. Une initiative qui se fixe comme horizon l’année 2020 et qui ambitionne l’implantation de 600 grandes et moyennes surfaces dont plus de 50 hypermarchés, la création de 15 malls pouvant abriter près de 3.000 magasins de franchise et de commerce moderne et la mise en place de 15 outlets, solderies et magasins d’usine notamment.
Les initiateurs de ce programme ne visent pas moins que de tripler le PIB actuel du commerce en le portant à 180 milliards de dirhams et créer plus de 450.000 emplois. Tout ceci est bien, encore faut-il enclencher la dynamique.
En attendant, les opérateurs privés qui tirent vers le haut les standards de la branche déploient leur toile. Le nombre d’hypermarchés est passé de six en 1997 à 26 actuellement. De même, le nombre de réseaux de franchise dépasse 300 avec plus de 2.000 points de vente dont une quarantaine de réseaux marocains. Et la dynamique continue.
Ainsi, l’enseigne Marjane, qui dispose de 16 hypermarchés, construit actuellement deux autres structures dont une à Safi. Par ailleurs, et avec l’ouverture du nouveau centre commercial à Agadir, Aswak Assalam en est à sa 6e réalisation. Le président du groupe Ynna Holding, Miloud Chaâbi a, en outre, procédé récemment à la pose de la première pierre d’un hypermarché à Oujda. L’investissement de base pour ce dernier projet, hors foncier, s’élève à 200 millions de dirhams. Autre acteur, Label’Vie, qui compte 11 magasins à ce jour prévoit, quant à lui, l’ouverture de trois autres antennes en 2007 à El Jadida, Casablanca et Khémisset.
L’année en cours a également connu le lancement du concept Hanouty par le groupe Finance.com. L’inauguration des 100 premiers magasins a eu lieu à Casablanca le 27 avril dernier. Le top management de l’entreprise ambitionne d’atteindre 3.000 points de vente d’ici à fin 2009. Mais selon les dernières informations qui filtrent de chez Hanouty Shop SA et qui font état de l’ouverture de deux magasins quotidiennement, ce palier sera allègrement dépassé.
Les autres opérateurs
Hors alimentaire, d’autres enseignes spécialisées ont vu le jour ces dernières années. Dans le domaine du bricolage, trois grandes enseignes opèrent actuellement sur le terrain: Bricoma, Weldom et Mr Bricolage.
Dans le meuble, Kitea qui possède 21 magasins en propre ou en franchise, se dispute le marché avec Mobilia, Layalits, Kaoba, Kit Express ou encore le turc Cilek. Un nouveau venu s’est ajouté à la liste en 2005. Il s’agit de Yadéco qui a ouvert des antennes à Casablanca, Tanger et Rabat.
Dans l’électroménager, l’on compte des opérateurs connus tels le Comptoir de l’Electroménager, Cramer, Le Tangérois auxquels s’est ajoutée récemment l’enseigne But. Certains opérateurs dans ce créneau font état d’une évolution à deux chiffres, tirée par une demande en constante croissance, encouragée elle-même par des formules de crédit toujours plus attractives.
Pour résumer, il convient de souligner que ce secteur est voué à un bel avenir en filigrane du changement des habitudes de consommation des Marocains. Une récente étude de l’U.S. Agency for International Development fait remarquer à ce propos que depuis la fin des années 80 et le début des années 90, le paysage de la distribution au Maroc connaît d’importantes transformations.
En effet, tiré par la classe aisée et suivi par la classe moyenne, le modèle de consommation des Marocains tend à s’occidentaliser. Une manne donc pour les opérateurs qui ont décidé de s’engouffrer dans la brèche: ONA, Ynna, Finance.com,... Ces derniers ont mobilisé les moyens nécessaires pour se frayer un chemin dans une branche certes fortement capitalistique, mais ils se sont mis sous la main une véritable machine à générer du cash. |