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ElectricitE-Electronique
 
Petit poucet
de l’industrie de
transformation

Selon la nomenclature du ministère de l’Industrie, le secteur électrique-électronique, qui fait partie des industries mécanique, métallurgique, électrique et électronique (IMME), est regroupé en deux grands sous-secteurs: celui électrique, représenté par la branche «machines et appareils électriques» et celui électronique, représenté par deux branches «équipements de radio, télévision et communication» et «instruments médicaux, instruments de précision d’optique et d’horlogerie». Longtemps taxé de manque de dynamisme, ce secteur commence à pointer son nez. Il s’est vu pousser des ailes. La branche dans sa globalité compte quelque 206 entreprises employant un peu plus de 50.000 personnes. 170 de ces entreprises sont adhérentes à la FENELEC (Fédération nationale de l’électricité et de l’électronique), représentant plus de 90% de la valeur de production du secteur électrique. Plus de la moitié de ces entreprises sont certifiées et une grande partie du reste est en cours de certification.
Le secteur réalise une production de 30 milliards de dirhams dont le1/3 à l’export et génère une valeur ajoutée d’environ 10 milliards de dirhams.
Troisième secteur en importance avec 13% des exportations globales, le secteur a quasiment doublé ses performances sur les marchés extérieurs passant en cinq ans de 8 milliards de dirhams en 2001 à plus de 12 milliards de dirhams en 2005.
Globalement, toutes les grandeurs économiques ont connu une évolution favorable sur les dix dernières années, soutenue surtout par la performance de la branche électrique. Au terme de l’année 2007, la valeur ajoutée de l’activité électrique enregistrerait un accroissement de 5% après une hausse de 6,7% en 2006, selon les estimations.

Le salut par le PERG
L’amélioration et la modernisation des infrastructures à travers le Programme d’électrification rurale globale (PERG), une main-d’œuvre qualifiée et bon marché, le positionnement géostratégique du royaume, un cadre incitatif à l’investissement, notamment à travers le Fonds Hassan II pour le développement économique et social, sont autant d’éléments qui ont contribué à ranimer le secteur. Mais c’est surtout le PERG qui a favorablement tiré les performances de toute la branche vers le haut, de l’avis des observateurs.
Entièrement réalisé par des entreprises marocaines, ce chantier a permis, en l’espace d’une dizaine d’années l’électrification de 1,5 million de foyers ruraux au Maroc, portant ainsi le taux d’électrification rurale de 18% en 1995 à 88% en 2006, avec la perspective de généralisation de l’électrification rurale sur tout le territoire à la fin de l’année 2008. A elles seules, les entreprises membres de la FENELEC ont employé dans le cadre de ce programme quelque 35.000 personnes sans compter les emplois induits (logistique, transport, ...).
A fin 2007, le PERG se traduira par l’électrification de plus de 35.000 villages et par l’accès à l’électricité pour plus de 12 millions de citoyens en milieu rural. Cet objectif sera réalisé à hauteur de 91% en recourant à l’électrification par raccordement au réseau et à hauteur de 7% à travers l’électrification décentralisée, principalement au moyen de kits photovoltaïques.
A fin 2006 déjà, environ 27.300 villages ont été électrifiés depuis le lancement du PERG en 1996, ce qui a ouvert l’accès à l’électricité à 1.598.441 foyers. Le taux d’électrification rurale (TER) au niveau national est passé de 81% en 2005 à 88% à fin 2006, selon les données fournies par l’ONE. Ainsi, de 18% à fin 1995, le taux d’électrification a été porté à 50% en 2001, à 72% à fin 2004, et en 2007 l’ensemble des foyers du monde rural sera électrifié.

Des obstacles à lever
Le secteur de l’électronique s’est, lui aussi, fortement apprécié avec le développement de plusieurs créneaux localement comme la monétique, l’industrie aéronautique et spatiale, les documents à puces (CIN, carte grise,...) de même que le développement de l’électronique embarquée et ses applications dans les domaines automobile et aéronautique.
Il est surtout connu pour la fabrication des semi-conducteurs avec notamment STMicroelectronics, et l’existence d’un important tissu de sous-traitants fournissant des produits de l’activité de fabrication des composants électroniques (grilles, fils aluminium, emballage antistatique, etc.). Cette industrie est largement tournée vers les marchés extérieurs. A titre indicatif, elle a exporté durant le premier semestre 2007 des fils et câbles électriques pour une contre-valeur de 3,1 milliards de dirhams. Ce qui représente une progression de 1,3% par rapport à la même période de l’année précédente.
Soulignons au passage, qu’étant donné les performances réalisées, la filière électronique avance doucement mais sûrement malgré le retard pris à ses débuts. En effet, bien qu’ayant démarré à la fin des années 60, cette industrie n’a pas suivi l’évolution mondiale de ce secteur. Cette dernière était principalement axée sur l’assemblage d’équipements électroniques à usage domestique. Etant donné la révolution technologique de ce secteur, le niveau d’investissement en recherche ainsi que les transferts de technologie ne permettaient pas au Maroc de se préparer à être un acteur de cette industrie. De ce fait, l’industrie de montage a quasiment disparu au profit de la distribution de grandes marques étrangères.
Depuis les années 90, avec la pression sur les prix de revient, une nouvelle industrie de l’électronique est apparue. A l’exclusion de deux sociétés spécialisées dans l’assemblage de composants électroniques, la plupart des entreprises présentes sur le territoire le sont grâce à des partenariats avec des entreprises européennes et essentiellement sous la forme de sous-traitance dans l’assemblage de cartes électroniques. D’une manière générale, le secteur électrique-électronique s’en sort relativement bien, mais les opérateurs du secteur peuvent mieux faire pour peu que certaines difficultés soient levées. L’un des principaux obstacles au développement de la branche est le coût élevé des dépenses en R&D pour mettre les produits aux normes et accroître les capacités techniques des entreprises. Par ailleurs, les installateurs électriques reprochent à l’ONE de leur demander une qualité supérieure sans augmenter les prix. En effet, même si l’accélération du PERG a favorisé l’accroissement de la production des entreprises du secteur, la forte volonté de l’ONE, principal donneur d’ordres, de faire baisser ses prix, a considérablement limité le profit attendu par les opérateurs.
Autre obstacle: l’étroitesse du marché. Pour l’instant, la nécessité de diversifier la production tout en prenant des risques s’impose. Le Maroc marque sa volonté d’élargir son périmètre d’activités en démarchant les pays africains. En effet, concernant l’industrie électrique, des projets sont déjà réalisés ou en cours de réalisation, notamment en Mauritanie et au Sénégal.
S’ajoute enfin le problème de la contrefaçon. Certaines entreprises ont même stoppé certaines lignes de production. Ainsi, pour pallier les carences du cadre juridique en vigueur, la FENELEC, avec l’aide du Laboratoire public d’essais et d’études (LPEE), tente de guider les entreprises du secteur dans le domaine de la normalisation et de la certification.

 

 
 
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