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recentrage

Assurance, télécoms, immobilier, distribution, tourisme, énergie... Rares sont les secteurs qui n’ont pas encore été investis par les grands groupes. Cette tendance se poursuit. La course se fait de plus en plus intense et chacun des groupes tente de placer au mieux ses pions. Les filières de base ne sont pas pour autant délaissées. Au contraire, pratiquement tous les holdings renforcent leur présence dans les secteurs initiaux. Par ailleurs, s’il y a un point qui pourrait caractériser l’évolution des holdings aujourd’hui au Maroc, c’est leur sensibilisation à l’ouverture de leur capital. Bien entendu, le processus est encore loin. Les groupes familiaux restent assez allergiques aux exigences de transparence et d’ouverture. Quoi qu’il en soit, pratiquement tous les holdings affichent une santé de fer, à commencer bien entendu par l’ONA.
Le holding royal travaille actuellement sur le redressement de l’ensemble de ses filières, dont certaines sont «fragiles» mais non moins stratégiques, à travers son fameux plan stratégique à l’horizon 2010. Son objectif: atteindre d’ici 2010 un chiffre d’affaires supérieur à 40 milliards de dirhams et un résultat net part de groupe de plus de 2 milliards de dirhams. La recette repose sur la restructuration des filières. Celle des mines a contribué, en 2006, à hauteur de 2,2 milliards de dirhams dans le chiffre d’affaires du groupe. Une contribution en progression de 39,2%. Toujours est-il que l’agroalimentaire reste le secteur qui nourrit le plus le chiffre d’affaires global de l’ONA avec pas moins de 13,6 milliards de dirhams, en 2006. Cet apport n’aura cependant progressé que de 0,5% par rapport à 2005. Deuxième source de fonds pour l’ONA, les filiales de la distribution, avec 292 millions de dirhams (65 millions de plus qu’en 2005).
Les activités financières ont rapporté, enfin, quelque 798 millions de dirhams en 2006. L’ONA affiche une bonne santé, mais il s’est tout de même endetté en 2006 de 360 millions de dirhams de plus qu’en 2005. Son endettement aura ainsi atteint 6,39 milliards de dirhams, notamment pour financer le démarrage de Wana. En effet, le lancement opérationnel en 2007 du troisième opérateur télécoms aura nécessité une enveloppe de 6,5 milliards de dirhams, dont 3 milliards ont été empruntés auprès d’Attijariwafa bank, de la Banque Centrale Populaire et de CDG Capital.

Ynna Holding investit la Chaouia-Ouardigha
En 2008, cela fera 60 ans que le groupe Chaabi existe. Miloud Chaabi à sa tête, il aura parcouru bien du chemin. A l’exemple de ce qui se fait chez les concurrents, il diversifie son activité liée à la base au bâtiment et à la promotion immobilière. Quatre pôles d’activité font désormais Ynna Holding: bâtiment/promotion immobilière, industrie, tourisme, service et grande distribution. Une diversification de l’activité largement bénéfique. En 2006, Ynna Holding a réalisé un chiffre d’affaires de 8,5 milliards de dirhams, soit environ 1 milliard de plus qu'en 2005. Le groupe de Miloud Chaabi est loin de s’en contenter. Il multiplie les investissements. Le plus fraîchement annoncé, en 2007, est de 11 milliards de dirhams. C’est le montant que Ynna Holding mise dans la région de Chaouia-Ouardigha. Ce budget couvre trois projets: une unité de fabrication de fer de construction d’une capacité de 800.000 tonnes; une deuxième unité de fabrication de fer toujours, mais destinée à d’autres usages; et enfin, une cimenterie à Oulad Sghir dans la province de Settat. Cette dernière nécessitera 3,3 milliards de dirhams d’investissement. Elle devrait produire 1,5 million de tonnes/an, pour passer, à terme, à 3 millions de tonnes. Dans un premier temps, la production de ces trois unités sera destinée au marché national mais devrait, plus tard, s’ouvrir à l’export. Dans le Nord, le groupe Chaabi table plus sur la distribution et le tourisme.
En janvier 2007, il a ouvert un hypermarché Aswak Assalam à Tanger. Un investissement de 150 millions de dirhams.
Auparavant en 2006, toujours dans le Nord, Ynna Holding avait lancé un plan d’investissement avec près de 5 milliards de dirhams. Injecté dans un grand projet touristique dont la réalisation est pilotée à Chaabi Liliskane.
En 2010, le groupe de Miloud Chaabi ambitionne d’être le premier groupe au Maroc dans le secteur hôtelier avec une capacité de plus de 10.000 lits.
Il s’en donne les moyens. En 2007, Ynna Holding a lancé un plan de développement étalé sur trois ans et qui concerne neuf villes. Si le plan aboutit, le nombre d’hôtels détenus par le groupe sera de 18 établissements classés entre 3 et 5 étoiles, en plus d’un palais des congrès.
A Marrakech, où le groupe détient quatre hôtels, deux nouveaux devraient déjà être achevés avant la fin 2007.

Akwa Group, de l’énergie à revendre
Groupe énergétique, Akwa a également choisi d’élargir son champ d’activité aux technologies, aux médias et aux télécoms. Mais c’est dans le secteur de l’énergie qu’il reste le plus redoutable. Il en est le leader avec plus de 40% de parts de marché. Mais depuis un peu plus d’une année, le groupe Akhennouch investit dans le gaz naturel. En 2007, il s’est lancé dans un projet de terminal. Un investissement de 10 milliards de dirhams. Le terminal de gaz naturel liquéfié devrait être opérationnel en 2012 et serait doté d’une capacité de 3 milliards de m3 de gaz naturel. Akwa Group veut ainsi profiter de l’intérêt porté à cette ressource, dont la part devrait augmenter dans l’approvisionnement énergétique national. Le projet serait réalisé avec des partenaires étrangers des pays du Golfe et de l’Afrique, comme le Nigéria, la Mauritanie ou encore l’Algérie. Dans l’immobilier, Akwa Group poursuit les travaux de construction de la marina d’Agadir.

Bonnes performances pour la SNI
La filiale et actionnaire de référence du groupe ONA a clôturé l’année dernière avec un chiffre d’affaires de 2,4 milliards de dirhams, en hausse de 26% par rapport à 2005. Son résultat d’exploitation a progressé dans des proportions plus importantes pour atteindre 732 millions de dirhams.
A l’origine de cette performance, la contribution de Lafarge Maroc. Celle-ci s’est améliorée de 300 millions de dirhams pour s’établir à 3,7 milliards. La part de Longométal Afrique est ressortie à 395 millions de dirhams, soit près de 150 millions de dirhams de plus qu’en 2005. Le reste du chiffre d’affaires se répartit entre 65 millions de dirhams pour le holding SNI et 57 millions de dirhams pour Leader Food.
Lafarge Maroc contribue à hauteur de 680 millions de dirhams dans la formation du résultat d’exploitation de la SNI. Le cimentier est aussi le premier contributeur au résultat net part de groupe du holding, avec un apport qui s’élève à 337 millions de dirhams.
Le groupe supporte en revanche le résultat net négatif de Wana à hauteur de 87 millions de dirhams. La cession des parts de Sonasid à son nouvel actionnaire majoritaire NSI a été l’événement marquant de l’année dernière au niveau du portefeuille stratégique de la SNI.
Le holding détient désormais 25% du capital de la nouvelle structure qui regroupe les actionnaires de référence du sidérurgiste (SNI, Arcelor Mittal, institutionnels marocains). Par ailleurs, SNI a renforcé sa participation dans son actionnaire de référence, le groupe ONA. Elle en détient désormais 33,54% contre 33,3% à fin 2005. Parallèlement à ces acquisitions, le groupe a cédé 0,67% de Managem. Il a finalisé son désengagement de Berliet Maroc, en vendant les 10,4% qu’il détenait dans le capital de cette société à fin 2005.

 

 
 
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