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Le «public»
poursuit
sa mue

En 2006, les Entreprises et établissements publics (EEP) n’ont pas dérogé à la règle. Leur activité, de même que le niveau de leurs investissements, ont considérablement progressé. «Cette amélioration intervient dans un cadre général de libéralisation et de déréglementation de certains secteurs stratégiques», explique une étude réalisée par la mission économique auprès de l’ambassade de France au Maroc. L’Etat a recours à des montages institutionnels novateurs, dans le but de faciliter et d’accélérer son programme d’investissements. Mais il y a une autre explication, l’importance des financements bi et multi latéraux disponibles au Maroc de même que la présence de ressources provenant des privatisations déjà réalisées (Fonds Hassan II) contribuent également de manière significative à ce développement. Ces EEP étaient en 2006 au nombre de 687 unités dont 260 établissements publics, 84 sociétés d’Etat (capital détenu à 100% par l’Etat), 113 filiales publiques et 230 sociétés mixtes. Le montant global des investissements prévus dans le cadre des programmes pluriannuels des principaux EEP dépasse 200 milliards de dirhams. Les plus gros investisseurs étant l’ONE, l’OCP, ADM, l’ONEP, la holding d’aménagement Al Omrane et l’ONCF, dont les plans pluriannuels dépassent les 15 milliards de dirhams.
Gros investissements
En 2006, le chiffre d’affaires de Autoroutes du Maroc (ADM) a été de 781 millions de dirhams, contre 640 millions en 2005 (il était de seulement 175 millions il y a dix ans).
Le trafic a également augmenté de 25% en 2006 par rapport à l’année d’avant. Plus de trafic, c’est plus de recettes de péage pour ADM. En 2006, elles ont été de 754 millions de dirhams au lieu de 616 millions en 2005 (une augmentation de 22%). En 2006, l’investissement pour la construction d’autoroutes a atteint plus de 3,8 milliards de dirhams, ce qui porte le montant de l’investissement global, dans ce sens, à plus de 15 milliards de dirhams. 2007 a été marquée par la mise en service du tronçon Settat-Marrakech. Les autoroutes Fès-Oujda, Marrakech-Agadir sont en cours de réalisation. Par ailleurs, 2008 connaîtra notamment le lancement des travaux de réalisation d’une troisième voie de 3,50 m sur l’autoroute Casablanca-Rabat. L’Office national des chemins de fer (ONCF) se lance également dans la modernisation de ses prestations. En 2007, il a lancé un programme pour la mise à niveau de 30 gares déjà existantes et la construction de nouvelles. Une enveloppe de l’ordre de 5 milliards de dirhams a été consacrée à ce projet au titre de l’année 2007. Les premiers travaux, lancés le deuxième semestre 2007, concernent la construction des gares de Safi et Youssoufia, pour un investissement de 14 millions de dirhams. La gare d’Assilah, quant à elle, a été rénovée.
Ce nouveau plan prévoit également l’augmentation de la capacité de transport par la mise en circulation de 240 trains au lieu de 147 actuellement. Il n’y a pas que le trafic terrestre qui progresse, l’aérien a également augmenté de 14% en 2006. Une croissance qui explique l’augmentation du chiffre d’affaires de l’ONDA qui a atteint, en 2006, 1,8 milliard de dirhams, contre 1,6 milliard en 2005. De même, les redevances aéronautiques, qui représentent environ 88% de l’Office, ont augmenté de 18% par rapport à 2005. Par ailleurs, 2007, dernière année du plan stratégique 2004-2007 de l’Office, a connu le parachèvement de l’extension des aéroports d’Oujda Angad, Rabat-Salé, Dakhla, et Al-Hoceima. L’équivalent de 1,7 milliard d’investissement. L’ONDA projette un chiffre d’affaires, en 2007, dépassant pour la première fois 2 milliards de dirhams.

Le développement "volté"
La consommation de l’électricité est en augmentation constante au Maroc. L’année 2006 a été marquée par une forte demande en énergie électrique (+8,1% par rapport à 2005). Afin de répondre à ces besoins, l’ONE a prévu, en 2006, une enveloppe de 5,4 milliards de dirhams d’investissements, contre 4,8 milliards en 2005. Outre le Programme d’électrification rurale globale (PERG), l’investissement couvre notamment le renforcement de la capacité de production d’énergie électrique, la sécurité et la fiabilité du réseau national de transport, de même que l’amélioration de la qualité du service. Bank Al-Maghrib, enfin, poursuit le processus d’amélioration de la qualité des services postaux et financiers, dans le cadre du plan de développement 2005-2008. Lequel plan nécessite un investissement global de l’ordre de 2,536 milliards de dirhams.

Nouveaux plans d’actions
2006 est pour l’Office national des pêches (ONP) l’année du lancement du plan d’action stratégique qui se poursuit jusqu’en 2010. Le plan vise le renforcement et la mise à niveau du circuit de distribution national, mais aussi la promotion de la consommation intérieure des produits de la pêche. Dans ce sens, l’ONP a programmé l’implantation d’un réseau de dix marchés de gros couvrant les villes de Casablanca, Tanger, Oujda, Tétouan, Fès, Meknès, Taza, Rabat, Marrakech et Beni Mellal. Ces projets, réalisés en partenariat avec les collectivités locales de ces villes, nécessiteront un investissement global de l’ordre de 400 millions de dirhams. Le secteur des phosphates se met également à niveau. L’OCP (Office chérifien des phosphates) a lancé, en 2007, un plan d’investissement pour le moins ambitieux couvrant la période 2007-2011, avec un montant d’investissement de 17 milliards de dirhams.

Privatisations: 83 milliards de recettes en 14 ans
Près de 83 milliards de dirhams. C’est le montant global des recettes des privatisations au Maroc durant la période 1993-2007. Pendant cette période, quelque 73 unités (47 sociétés et 26 établissements hôteliers) ont été privatisées, totalement ou partiellement. Plusieurs établissements ont été privatisés totalement en 2007. C’est le cas de Sonacos, de Sococharbo ou encore de Cotef.
Quant aux privatisations partielles, la plus importante a concerné la cession de 76% de la Comanav en mai 2007 à la société française CMA CGM. Montant de la transaction: 2,25 milliards de dirhams. Pour sa part, Drapor a été rachetée, en juin 2007, par la société gabonaise «Satram» pour un montant de 327,6 millions de dirhams. Selon un récent document publié par la DEEP (Direction des entreprises publiques et de la privatisation) intitulé «Impact de la privatisation sur l’investissement au Maroc», les effets de ces privatisations ont permis la libéralisation de certains secteurs. Ils auraient favorisé un courant d’investissements privés d’envergure avec des retombées positives sur l’emploi et la productivité.

 

 
 
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