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Prêt pour
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Le secteur textile renaît de ses cendres, même si la menace chinoise est latente. L’approche de l’échéance du 1er janvier 2008 marquant la levée des quotas d’importation de produits chinois par les pays européens fait monter la tension.
Le spectre de 2005 est toujours présent. Et pour cause, le chiffre d’affaires du secteur avait plongé de 35% en janvier et de 21% le mois suivant. Il a fini pourtant par clôturer l’année 2005 avec une baisse de 7% seulement à 27 milliards de dirhams. La réinstauration des quotas pour une période de deux ans supplémentaires a ainsi permis de sauver les meubles. Les recettes à l’export ont continué à se maintenir en 2006 à 30 milliards de dirhams. Les efforts de compétitivité engagés depuis 2005 ont permis au Maroc d’améliorer son classement parmi les fournisseurs de l’Europe. Ainsi, il réussit à gagner deux places en occupant le 6ème rang.
Cependant, à partir de 2008, les vannes européennes seront ouvertes au sourcing chinois. D’ailleurs, les opérateurs marocains ne sont pas les seuls à s’inquiéter à l’approche de cette échéance. Leurs concurrents turcs, tunisiens et égyptiens sont eux aussi logés à la même enseigne.
Au Maroc, les textiliens ont compris que tout n’est pas perdu. Leurs chances de survie se situent non pas au niveau des coûts mais dans le changement de stratégie: délaisser la sous-traitance traditionnelle et la production de masse et opter pour la co-traitance pour la fabrication de produits finis et de petites séries dans des délais très courts. Désormais, il revient aux entreprises locales de proposer aux clients étrangers des collections nouvelles tout au long de l’année, tout en maîtrisant les coûts de production. Donc priorité à l’innovation, à la réactivité et à l’indépendance.
Cette solution de rechange a été vivement prônée par l’association marocaine des textiliens (AMITH) pour sortir le secteur du naufrage. D’où la reprise des investissements et la bonne tenue des exportations, notamment vers le marché espagnol. Dans la péninsule ibérique, les ventes ont atteint le niveau record de 30 milliards de dirhams. En 2006, l’Espagne finit par détrôner la France en devenant le premier client. Cette performance découle justement de la nouvelle stratégie de production de petites séries à des prix compétitifs récemment mise en oeuvre. Pour consolider ces avancées, les industriels doivent faire preuve de créativité et d’une grande réactivité face à la demande des distributeurs européens.
A signaler que la tendance mondiale est actuellement à cinq collections par an et pourrait tendre vers sept collections en moyenne.
Dans ce domaine, les donneurs d’ordre mettent l’accent de plus en plus sur la réactivité des fournisseurs, les délais de livraison courts et la proximité des lieux de production. Le Maroc dispose donc de réels atouts pour se positionner sur le Fast Fashion (mode rapide).
En outre, les acheteurs optent pour la diversification de leur sourcing pour sécuriser l’approvisionnement et éviter les déboires du passé. En effet, les retards de livraison des produits chinois survenus en 2005 ont fortement marqué leur esprit. Pourtant tout porte à croire que la Chine consolidera sa prédominance après 2008. D’ailleurs, la réinstauration des quotas à l’entrée de l’Union européenne n’a pas empêché la Chine de maintenir à près de 30% sa part de marché. Il y a donc de fortes chances pour que celle-ci augmente après la levée des quotas.
Pour rester dans la course, le gouvernement marocain a mis en place, avec le concours de l’Ecole supérieure de l’industrie textile et de l’habillement (AMITH), un plan Emergence pour la mise à niveau du textile.
Pour faciliter l’approvisionnement du secteur, les droits de douane ont été ramenés de 45 à 2,5% pour les matières importées d’Europe et des Etats-Unis.
De son côté, l’AMITH a lancé son programme pour la promotion du label Maroc. L’Etat y contribue en octroyant une subvention de 20 millions de dirhams sur une durée de trois ans. Ce programme vise à faciliter les investissements, locaux et étrangers, en particulier les délocalisations des unités de production de textile. Dans ce programme, l’Espagne figure parmi les cibles prioritaires. Le troisième volet du plan Emergence a trait à la mise à niveau des entreprises. Sur ce registre, les résultats sont variables selon la réactivité des entités.
Lune de miel avec l’Espagne
L’Espagne a fini par détrôner la France. En 2006, elle brigue la première place parmi les clients privilégiés du Maroc avec 38,5% des exportations marocaines, suivie de l’Hexagone avec 31% contre 17% pour la Grande-Bretagne. Depuis 2005, les exportations vers la péninsule ibérique sont passées de 7,7 milliards de dirhams à 10,4 milliards.
De son côté, la France a adopté le modèle de très grande distribution en se focalisant sur l’économie de coût. Ce qui explique qu’elle s’est détournée du Maroc au profit des pays de l’Est et de certains pays asiatiques. D’ailleurs, l’entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l’UE depuis janvier 2007 améliore la compétitivité de ces deux nouveaux membres et rend la tâche plus difficile pour l’ensemble des pays du sud de la Méditerranée.
Pour autant, le Maroc marque un point en améliorant son chiffre d’affaires réalisé avec le voisin ibérique. Et pour cause, l’Espagne a basé sa stratégie sur le renouvellement rapide des collections, accordant une large place à la réactivité. D’où l’intérêt des fournisseurs ibériques pour le Maroc. A fin 2006, les ventes dépassent les 10 milliards de dirhams, enregistrant une performance de 42% par rapport à 2005. A noter la montée en flèche de la demande en jupes (+300%) tout comme celles des vestes, des robes ou encore des pantalons.
Au total donc, l’Espagne absorbe plus du tiers de la production marocaine. Cela tient à l’explosion des commandes du géant Inditex (Zara) qui s’approvisionne pour près de 10% de ses besoins au Maroc. En trois ans, le volume des achats du groupe a été multiplié par 5 pour atteindre 33 millions d’unités.
Ce regain d’intérêt n’est pas le fruit du hasard. Il résulte d’une stratégie bien pensée et mise en place conjointement par le gouvernement et l’AMITH. En l’espace de deux ans, la confection marocaine a réussi plus ou moins à s’adapter au mode de fonctionnement de Zara. Celui-ci est basé avant tout sur la réactivité et la qualité du produit. A ce jour, plus d’une centaine d’industriels locaux travaillent avec Inditex. Ce type de partenariat présente un fort potentiel de développement que le Maroc entend privilégier dans les années à venir.
L’autre retombée positive de la stratégie nationale concerne l’amélioration des échanges avec les Etats-unis. Près de 18 mois après l’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange avec les Etats-Unis, le bilan du commerce bilatéral est assez positif, estiment les opérateurs.
Selon les statistiques officielles, le volume des échanges entre les deux pays a crû de 30% à 1 milliard de dollars, avec une belle performance pour les exportations de vêtements confectionnés au Maroc de +122%.
La bonneterie et les produits chaînes et trame figurent en tête des échanges.
Cependant, les entreprises n’ont pas encore réussi à structurer leur stratégie de pénétration du marché américain. Il leur faudra faire preuve d’innovation et de créativité pour gagner des parts de marché. Le Maroc entend également déployer un effort particulier en matière de promotion pour combler le déficit d’image. L’objectif est de mettre en avant sa capacité de co-traitance pour se démarquer des concurrents asiatiques axés sur des produits de masse à bas prix. L’application de la flexibilité sur les règles d’origine facilitera la pénétration des produits car les entreprises marocaines pourront s’approvisionner partout dans le monde tout en bénéficiant des avantages de l’accord.
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