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L’année
de tous
les records |
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L’embellie sur le secteur touristique se confirme. En témoigne la forte affluence des investissements étrangers, en particulier en provenance des pays du Golfe. Pour exemple, la Commission des investissements présidée par le Premier ministre et réunie fin mai 2007 a validé des projets pour près de 35 milliards de dirhams. La plupart émane de fonds émiratis. Pour le seul projet Emaar, quelque 30 milliards de dirhams seront mobilisés et donneront lieu à 2.000 nouveaux emplois. Pour comparaison, l’espagnol Fadesa s’engage à réaliser trois projets pour un montant de 1,4 milliard de dirhams.
En 2006, la Commission des investissements avait approuvé 14 projets pour 22 milliards d’investissements dont 17 milliards en provenance des pays du Golfe, notamment du Qatar.
L’intérêt des pays du Golfe pour les investissements touristiques a été nourri du succès des destinations de Marrakech et des stations du Plan Azur. Désormais, la ville de Tanger est appelée à être la destination phare de ces nouveaux flux. Tous ces investissements portent sur des projets d’hôtellerie de haut standing à réaliser sur des superficies allant de 300 à 400 hectares. Autre avantage présenté par les investissements arabes: le taux de réalisation atteint souvent les 100% une fois la convention signée. Ce qui n’est pas le cas pour tous les projets approuvés. Ainsi, à fin septembre 2006, huit programmes avaient été annulés pour un montant de 6 milliards de dirhams y compris le projet Taghazout (2,3 milliards de dirhams).
A signaler également la forte présence des investisseurs espagnols. En 2006, Iberostar s’est engagé à investir 2,4 milliards de dirhams et à créer 846 emplois dans un projet à Marrakech sur un terrain de 160 ha. De même, Atlantic Beach Paradis doit miser 915 millions de dirhams pour 300 emplois nouveaux dans un complexe touristique à Tanger. Plus récemment, le groupe ibérique Fadesa a conclu en mai 2007 une convention de 3,3 milliards de dirhams qui seront investis dans les zones touristiques de Smir et de Laguna Smir (Tamuda Bay). Fadesa a également en charge la station Saïdia, le Tanger City Center sur la baie de la ville, sans oublier Plage Blanche à Guelmim.
Parallèlement à la forte affluence des capitaux étrangers, les performances du secteur battent tous les records. En 2006, les nuitées enregistrent une forte progression, de 12% par rapport à 2005 à 16,32 millions contre une croissance mondiale moyenne de 4% seulement. Le nombre de touristes arrive ainsi à un niveau jamais atteint de 6,6 millions de visiteurs, même si 50% sont des MRE. Autre performance: l’ensemble des villes a bénéficié de ces flux avec une légère avance pour Agadir. Globalement, le volume de nuitées déclarées par les hôteliers a dépassé l’ancien record de 2001 de près de 30%.
Cet afflux a rejailli favorablement sur le niveau des recettes. Celles-ci caracolent pour la première fois à 53 milliards de dirhams. Ce qui confirme l’efficacité de la politique marketing du pays auprès des grands tour-opérateurs internationaux. En effet, cette remontée de la pente n’est pas le fruit du hasard. Bien au contraire, elle résulte de la stratégie gouvernementale mise en œuvre depuis 2001 et des partenariats noués avec les voyagistes étrangers.
Le ministère a ainsi signé avec les TO et quelques leaders de la distribution touristique plus de 49 accords de commercialisation. Un effort particulier a été déployé sur les marchés stratégiques comme la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Espagne. De plus, le nombre global des fréquences de vols hebdomadaires a été augmenté de 10% pour accompagner cette stratégie offensive. Ce qui explique aussi qu’en 2006, quelque 8,5 millions de passagers internationaux ont transité par les aéroports du royaume dont 50% par le hub de Mohammed V. Aujourd’hui, la destination Maroc est cotée à l’international et figure parmi les plus prisées en dépit des risques d’insécurité dans l’ensemble de la région. Qu’à cela ne tienne, face à ses concurrents directs comme l’Egypte, la Tunisie et la Turquie, le royaume avance ses pions. Il a réussi ainsi à améliorer de 18% ses parts de marché en Grande-Bretagne, au moment où les autres pays de la région accusaient un net recul.
A signaler que le marché britannique est le plus porteur. Le nombre de nuitées a augmenté de 49% pour 344.000 visiteurs. Les touristes espagnols sont également très présents puisqu’ils ont augmenté de 17% le nombre de nuitées dans le royaume.
Ces performances ont par ailleurs été facilitées par l’augmentation de la capacité hôtelière de près de 7% alors que le taux d’occupation a gagné 2 points seulement à 49%. En général, la stratégie globale qui implique les secteurs public et privé est efficace et consolide la confiance des opérateurs locaux et étrangers. Pour preuve, Accor et d’autres grands groupes viennent de décider d’augmenter leurs engagements au Maroc, notamment à Tanger, Rabat et la région Sud.
Les investisseurs locaux s’y mettent aussi
Après une période de rupture, les opérateurs privés se réconcilient avec le tourisme.
En mars 2007, Douja Promotion appartenant au groupe Addoha s’engage dans la construction d’un complexe immobilier et touristique à la Plage des Nations à Rabat. Le coût du projet est conséquent avec 6 milliards de dirhams devant générer 900 emplois. Le complexe qui s’étendra sur trois terrains d’une superficie globale de 480 ha comprendra des unités résidentielles et touristiques avec un hôtel, deux apparts-hôtels, des équipements sportifs, un terrain de golf et des zones commerciales. De son côté, la société GilMaroc Seaside Resorts initie un complexe immobilier et touristique à Sidi Boukhalef. L’investissement est évalué à 2,8 milliards de dirhams pour 850 emplois. Le projet s’étendra sur deux terrains, l’un de 95 ha et l’autre de 77 ha. Il prévoit la construction d’un hôtel de 180 suites et autant de chambres. Une partie résidentielle offrira 3.318 appartements et 110 villas et une zone commerciale et de loisirs.
Quant au groupe Chaabi, premier investisseur du pays et qui entend se positionner en vue du développement touristique que connait le pays, réalisera «La montagne de Tanger», un projet touristique et immobilier composé d’un palace de 600 lits, d’un appart-hôtels de 120 unités et d’un complexe résidentiel de 96 villas et Riads pour une superficie de 151 ha pour un investissement de 600 millions de dirhams. Le groupe va aussi créer «la marina du littoral», qui s’étend sur une superficie de 65 hectares. Coûtant 1,4 milliard de dirhams, et créant plus de 1.500 emplois, le projet concentre trois hôtels d’un total de 900 lits, deux apparts-hôtels avec un total de 1.200 lits et 2.250 résidences et appartements touristiques.
La Vision 2020
pour maintenir le cap
Le secteur touristique est sorti de sa léthargie, mais rien n’est définitivement acquis. Raison de plus pour reconduire une formule gagnante. La Vision 2010 a atteint ses objectifs, c’est donc le moment d’enchaîner avec la Vision 2020. La lettre royale adressée aux participants de la septième édition des Assises internationales du tourisme en avril 2007 va dans ce sens. Elle invite les opérateurs de tout bord à plancher sur un cahier des charges en vue de lancer un appel d’offres international en direction d’un cabinet d’experts. La mission consistera à mener des études comparatives pour positionner le Maroc à l’horizon 2020 face aux principales destinations mondiales. Les études préliminaires et les choix d’aménagements devraient être parachevés en 2009 pour pouvoir lancer le nouveau contrat-programme de la Vision 2020.
En attendant cette nouvelle feuille de route, les projections établies par le ministère du Tourisme à l’horizon 2015 sont de l’ordre de 330.000 lits pour la capacité d’accueil et de 50 millions de nuitées pour 825.000 emplois créés. Ce qui devrait générer à terme plus de 253 millions de dirhams de recettes touristiques.
Le Plan Azur entame la commercialisation
La concession des six stations du Plan Azur aux aménageurs a été bouclée en avril 2007, avec Plage Blanche confiée finalement à l’espagnol Fadesa. A la livraison, l’ensemble des nouvelles unités apportera une capacité litière supplémentaire de 8.500 lits dont 6.000 balnéaires.
Les deux premiers hôtels à ouvrir leurs portes au printemps 2008 avec une capacité globale de 2.200 lits sont basés à Saïdia, première station concédée. A cela s’ajoutent les projets de villas qui sont entièrement vendues par Fadesa grâce au réseau commercial en Espagne et profitant de la saturation de la Costa Del Sol. La station Mogador aménagée par Saemog (association de Risma, Colbert Orco et Thomas&Piron) accuse un retard de huit mois. Elle sera achevée en décembre 2008 pour ouvrir ses portes en 2010. Retard aussi pour Lixus à Larache dont la première livraison est reportée à l’été 2009. La station axée sur les activités sportives ciblera les marchés scandinaves et anglo-saxons. Les travaux d’aménagement de Mazagan débuteront en 2008 et la première unité hôtelière sera lancée en 2009. Après plusieurs obstacles, les travaux de Taghazout ont enfin été lancés en janvier 2007 par Colony Capital-Satocan Lopesan. La livraison de la première unité hôtelière est programmée pour juillet 2009. Enfin, sur Plage Blanche, Fadesa construira plus de 5.000 logements touristiques. Le gouvernement a programmé l’aménagement de deux plages supplémentaires situées dans le Nord (Tamuda Bay) et le Sud (à Tan Tan), compte tenu du fort potentiel présenté par les deux sites. |